mercredi 1 juin 2016

Pollution des sols : un combat solidaire contre les erreurs passées...


 Au cœur de la révolution verte, à partir de la fin des années 50, en France comme ailleurs, des millions d’hectares de terres agricoles furent traités aux pesticides, solution alors considérée comme miraculeuse et gage de rendements inconnus jusqu’alors. Triste époque dont nous n’avons hélas pas encore mesuré toutes les conséquences…

 Des contrôles effectués sur les légumes issus de la zone maraîchère des Jalles ont révélé la présence de résidus de pesticides. À la suite d’investigations complémentaires, menées auprès d’une trentaine d’exploitations, deux molécules : la dieldrine et le chlordane ont été mises en évidence. Ces deux insecticides organochlorés, alternatives au DDT, ont été depuis interdits dans l’agriculture en France respectivement en 1972 et 1981.

 Située au cœur de cette zone, l’exploitation d’Aurore et Philippe Sournac, nos maraîchers, n’échappe pas, hélas, à ce triste constat. Plus de quarante ans après, les produits pulvérisés à l’époque, sont toujours présents dans les sols. Certaines parcelles, avec un taux supérieur à 0,1 mg/kg présentent le risque potentiel d’obtenir des légumes non conformes. Plus particulièrement, ce sont les cucurbitacées (concombres, courgettes..) qui ont le plus tendance à accumuler ces molécules.

 Un plan d’action a donc été mis en place par la préfecture avec mise en culture de végétaux adaptés en fonction des zones impactées, mise en œuvre d’un plan de surveillance renforcé et contrôle systématique des végétaux les plus accumulateurs.

 Lorsqu’ils ont appris cela, le choc a été rude pour nos producteurs. Des années de travail acharné, de luttes quotidiennes contre les intempéries (grêle, inondations..), les nuisibles (lapins, sangliers..), la longue liste des maladies des plantes (champignons, insectes parasites..), tout cela afin de mener à bien des cultures sans produits nocifs, leur implication depuis quelques années dans la filière bio pour finalement s’entendre dire que les erreurs et l’inconscience de jadis impactent durablement leur présent.

 En ce qui nous concerne, anciens ou nouveaux amapiens, l’abattement ressenti n’est pas moindre. Existe-t-il une réponse à la question de savoir si une alimentation saine est encore possible aujourd’hui ?

 Ce qui est certain, c’est que nos maraîchers ont plus que jamais besoin de notre soutien et de notre aide. D’autant que les analyses désormais nécessaires pour valider les légumes de leur exploitation sont financièrement à leur charge, ce qui représente un coût supplémentaire non négligeable. Bien entendu, il est toujours possible de se rendre sur l’exploitation où Aurore et Philippe se tiennent à notre disposition pour les éventuelles questions que nous pourrions avoir.

 Les membres du bureau de l'Amap Papille Eysines, unanimes dans leur soutien à nos maraîchers ainsi que nous-mêmes, coordinateurs, espérons pouvoir compter sur votre compréhension et votre solidarité en ces périodes difficiles.

Pierre BEZZO et Marike LE LOËT, coordinateurs du contrat légumes de l'Amap Papille Eysines.

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